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Inclassable, populaire et underground. Christophe est en concert ce soir à sortieOuest

ChristopheChristophe est inclassable. Populaire et underground, ex-yéyé passé à l’électro, il est une diva au masculin. Quel meilleur cadre que le chapiteau de SortieOuest pour accueillir le 25 mars sa musique spatiale et gentiment barrée ?

Huit ans qu'il n'avait pas sorti d'album
Aimer ce que nous sommes est le neuvième de sa discographie. Si l’on en croit le dandy de 62 ans, ce n’est ni le disque de la maturité, encore moins celui de l’explosion. Plutôt celui de l’accomplissement, du surpassement perpétuel. Les chansons sont intenses, parfois folles, esthétiques. Christophe va les partager avec son public héraultais le 25 mars, sous les toiles et les étoiles de SortieOuest, près de Béziers. Une des quatre-vingts dates de sa tournée qui va durer jusqu’en 2010.
Le cadre intemporel et intimiste du chapiteau, installé au Domaine de Bayssan, colle particulièrement bien avec la musique de l’artiste. Ce concert est d’ores et déjà l’un des moments forts de la saison culturelle 2009.

 

Votre dernier album s’intitule Aimer ce que nous sommes. Pourquoi, vous trouvez qu’on ne s’aime plus ?
- Non, ce sont des phrases qui arrivent comme ça ! Dans des moments, au réveil ou en pleine nuit, où je suis en train de penser, de créer. C’est Daniel Bélanger qui a écrit cette chanson. Et quand il m’a envoyé ça, ça a rebondi dans ma tête, comme un gimmick ! C’est comme Les Mots bleus : c’est une phrase, comme ça, qui transporte. Et puis je n’invente rien quand je dis que les gens regardent les pieds de l’autre, alors qu’ils feraient mieux de le regarder dans les yeux, avec du bonheur.

Comme les précédents, cet album sonne résolument électro. D’où vient cet attrait pour la musique électronique ?
- Ça, je ne sais pas. Quand j’ai commencé, il y avait la guitare et il n’y avait que ça. J’ai toujours été intéressé par la résonance du son.
Et quand j’ai compris qu’avec les synthés, on pouvait créer sa propre matière, je me suis laissé prendre. Après on devient pointu dans les sons, on devient collectionneur, mais ça prend de la place !

Christophe en studio, on imagine beaucoup de synthés, d’ordinateurs. Et Christophe sur scène, ça ressemble à quoi ?
- Oh alors là, c’est jamais pareil !
Ça peut être très minimal, ce que j’adore. Ça laisse plus de profondeur à la voix, la voix travaillée, triturée. Je suis un amoureux de reverb’, d’écho, de delay. J’ai beaucoup de mal à écouter des voix non travaillées. Je ne me pose pas la question de savoir si je suis dans le coup ou pas… Aujourd’hui, la tendance c’est de faire du Christophe Maé. Ce mec a du talent, c’est pas la question, mais c’est formaté. Et moi, je fuis les formats, c’est naturel.

Vous êtes à la fois populaire et underground. Comment le vivezvous ?
- Ça me correspond et ça me convient ! Les Mots bleus, que j’adore, c’est populaire ! En fait, je suis dichotomique, j’aime les extrêmes, je n’ai pas de milieu. Je suis quand même plus attiré par le positif et l’optimisme que l’inverse.
Je peux faire encore plus simple et encore plus barré à la fois ! C’est une façon de s’exprimer. Dans mes chansons, il y a des textes qui peuvent paraître naïfs, mais ils sont en fait habités de surréalisme et de dadaïsme…

Vous entretenez le mystère, et on associe souvent le mystère à la solitude. Or ce nouvel album regorge de collaborations. Paradoxal, non ?

- Ça fait partie du film ! On ne fait jamais le même ! Les échanges, ce sont des histoires de vie, des personnes qui m’ont influencé, que j’ai dans la peau. Et ces rencontres, c’est toujours moi qui suis allé vers eux. Comme ces Gitans que je suis allé voir en Espagne. Ça a duré quinze jours et là, croyez-moi, on oublie le monde du show bizz... Moi je veux dire aux jeunes que c’est con de rester dans le troupeau de moutons, soyez unique ! Pour réussir un cocktail, il faut être capable de mélanger des différences, avec des dosages. Et le monde de la musique, c’est ça !

Mercredi 25 mars à 21 h
Tarifs : 35, 38 et 40 €
Infos : 04 67 28 37 32
www.sortieouest.fr